Il y a de fortes chances que vous ayez déjà entendu parler du KSW.
Cette organisation de MMA polonaise, fondée en 2004, est considérée aujourd’hui comme l’organisation de MMA principale en Europe, et c’est aussi l’une des plus importantes au monde. Toujours encline à proposer des événements spectaculaires, le KSW réunit plus de 50 000 spectateurs dans ses évènements, avec des décors et une qualité de mise en scène rarement égalée, même comparé à l’UFC ou au PFL. Toutefois, peu de personnes connaissent les détails du KSW (son histoire, ses combattants, son mode de fonctionnement avec son championnat et ses tournois). Pour vous aider à y voir plus clair, nous avons recueilli toutes les informations clés sur le KSW, l’organisation de MMA made in Pologne !
L’histoire de la plus grande organisation de MMA d’Europe

Martin Lewandowski (ancien manager du Marriott à Varsovie) et Maciej Kawulski se sont lancés en 2004 pour créer le KSW (Konfrontacja Sztuk Walki). À ses débuts, cette organisation de MMA était reconnue pour proposer des tournois à quatre ou huit combattants sur une seule soirée.
Au fil des années, elle a changé son modèle en organisant des événements moins fréquents, mais toujours plus spectaculaires que l’UFC.
C’est ainsi qu’en 2017, le KSW 39, appelé Colosseum, a battu un record d’affluence en Europe avec 57 766 spectateurs qui ont assisté à cet événement. Quatre ans plus tard, on tombe sur une année charnière pour le KSW avec la signature de la plateforme de streaming Viaplay, qui leur a permis de décupler le nombre d’événements qu’ils proposaient chaque année.
En 2022, un nouveau sponsor fait son arrivée au sein de l’organisation. Il s’agit de XTB, qui sera présent pour la plupart des événements.
Signe de son importance, en 2023, le KSW créera son Hall of Fame et en 2024, le premier évènement spécial XTB KSW Epic intégrant d’autres formats que le MMA, dont la boxe anglaise notamment. Le premier évènement du KSW en France aura lieu en avril 2024, le XTB KSW 93 à Paris, avec en tête d’affiche Salahdine Parnasse. Un second gros événement aura lieu en décembre 2024 en France, qui opposera Wilson Varela à Salahdine Parnasse, où le champion en titre gardera sa ceinture.
Spécificités techniques du KSW
Le KSW a longtemps privilégié les rings de combat jusqu’à son passage à l’octogone traditionnel de MMA. Le ring présente plusieurs davantage, particulièrement sur la visibilité des combats pour les spectateurs et pour les caméras. Cela dit, il présente aussi d’autres inconvénients comme la gestion des combats au sol, plus problématique, qui est l’une des raisons principales de l’utilisation des cages. Récemment (2024), l’organisation de MMA a organisé des combats en cages classiques. Nous n’avons malheureusement pas d’informations officielles ni d’annonce concernant l’adoption globale de ces cages.
Les règles du KSW
Les combats standards au sein du KSW se déroulent de façon très classique, avec trois rounds de cinq minutes. Chaque round est séparé d’une minute de récupération pour les combattants.
Lors des combats de championnat, c’est du 5×5, donc cinq rounds de cinq minutes avec une minute de récupération entre chaque round. Le système de notation est le « 10 point must system standard », utilisé dans la majorité des grosses organisations de MMA mondiales.
Tableau des catégories de poids au KSW
Le KSW ne fait pas exception aux autres organisations. Il propose des combats avec des catégories de poids différentes, classiques, qui vont du poids paille au poids lourd. Cela inclut les hommes et les femmes.
Pour faciliter la compréhension des différentes catégories de poids, nous avons réalisé un tableau récapitulatif.
| Catégorie de poids | Poids hommes | Poids femmes |
| Poids paille (Strawweight) | Non disponible | 115 lb (52,2 kg) |
| Poids mouche (Flyweight) | 125 lb (56,7 kg) | 125 lb (56,7 kg) |
| Poids coq (Bantamweight) | 135 lb (61,2 kg) | 135 lb (61,2 kg) |
| Poids plume (Featherweight) | 145 lb (65,8 kg) | 145 lb (65,8 kg) |
| Poids léger (Lightweight) | 155 lb (70,3 kg) | 155 lb (70,3 kg) |
| Poids welter (Welterweight) | 170 lb (77,1 kg) | Non disponible |
| Poids moyen (Middleweight) | 185 lb (83,9 kg) | Non disponible |
| Poids mi-lourd (Light Heavyweight) | 205 lb (93 kg) | Non disponible |
| Poids lourd (Heavyweight) | 265 lb (120,2 kg) | Non disponible |
Ces catégories de poids suivent généralement les standards unifiés pour le MMA.
Le KSW autorise parfois les combats avec un poids intermédiaire négocié, que l’on appelle « Catchweight ». Cela s’applique lorsque les combattants ne parviennent pas à atteindre précisément leur catégorie de poids. Lors des combats sans titre mis en jeu, le KSW autorise une livre (soit 0,45 kg) de tolérance. Cette règle ne s’applique pas au poids de championnat, où le combattant doit respecter, au gramme près, la limite.
Système de championnat au sein du Konfrontacja Sztuk Walki
Le KSW propose un système classique de championnat par catégorie de poids, où les combats se déroulent sur une durée de cinq minutes.
Lorsqu’un champion est indisponible, il y a une ceinture intérimaire en jeu. Ce fut le cas quand Salahdine Parnasse a remporté le titre intérimaire déposé face à Sébastien Rajewski en 2022. Alors que Marian Ziółkowski était blessé. Au sein du KSW, les combattants ont la possibilité d’avoir plusieurs titres simultanément. C’est encore le cas de Salahdine Parnasse qui possède la ceinture des poids plumes et des poids légers. Il a même tenté d’être triple champion en 2023, en passant à la catégorie supérieure, malheureusement sans succès.
Au début de l’organisation polonaise, les tournois s’organisaient autour de 4 ou 8 combattants sur une soirée. Aujourd’hui, les combats sont répartis sur plusieurs événements qui permettront de désigner un champion. D’année en année, le KSW est parvenu à se développer en intégrant des combattants de plus en plus talentueux, qui font la renommée de cette organisation au niveau mondial.
KSW et ses champions

Bien que reconnu au niveau européen et même international, le KSW ne parvient toujours pas à avoir des combattants célèbre comme ceux que l’on peut trouver à l’UFC.
Cela est principalement dû à un vivier de sportifs polonais célèbres seulement au niveau local.
Voici quelques noms à connaître :
- Salahdine Parnasse (champion poids plume et léger, star française), c’est une véritable star, même pour le public polonais ;
- Wilson Varela (spécialiste en striking). Pour la petite anecdote, il s’entraîne avec Salahdine Parnasse et l’a aussi combattu lors d’un KSW en France où il s’est incliné face au champion incontesté ;
- Phil De Fries (champion poids lourd) ;
- Rafał Haratyk (champion poids mi-lourd) ;
- Paweł Pawlak (champion poids moyen) ;
- Adrian Bartosiński (champion poids welter) ;
- Sebastian Przybysz (champion poids coq) ;
- Anciens combattants devenus célèbres : Mamed Khalidov, Jan Błachowicz (passé à l’UFC), Joanna Jędrzejczyk.
Aujourd’hui, le KSW cherche à s’étendre en organisant des combats dans d’autres pays européens. Cela lui permettra de se développer avec des cartes et des noms plus internationaux.
Où peut-on assister aux combats du KSW ?
À l’instar des plus grandes organisations de MMA, le KSW est parvenu à sceller des partenariats avec plus de 20 diffuseurs, ce qui lui octroie une présence dans plus de 150 pays. Depuis 2023, c’est RMC Sport qui détient la diffusion exclusive des combats du KSW en France, avec 12 événements par an. Pour son modèle économique, le KSW ne déroge pas à la règle et à la tradition, avec une diffusion sur télé et des pay-per-view pour les Super Fights.
De plus, des partenariats toujours stratégiques permettent de développer encore son chiffre d’affaires. Ce championnat de MMA est, bien entendu, présent sur tous les réseaux sociaux, avec du contenu exclusif et des highlights partagés régulièrement. Pour les marchés sans diffuseur officiel, c’est KSWTV (la chaîne du KSW) qui se présente comme une alternative.
Quel avenir pour le KSW ?
Rassurez-vous. Ses arènes immenses et ses combats spectaculaires assurent un bel avenir au KSW. Le développement ne cesse de croître. Selon nous, l’enjeu principal résidera dans sa capacité à se développer au niveau européen. Bien entendu, si l’organisation polonaise de MMA parvient à s’installer comme l’organisation numéro un au niveau européen, elle cherchera à concurrencer frontalement l’UFC. Son objectif sera aussi d’arrêter la progression des organisations américaines sur le sol européen. N’oublions pas non plus la possibilité de chercher à empiéter sur le territoire du One FC. La Pologne se situe à la frontière de l’Europe et de l’Asie, cela pourrait être une excellente opportunité pour obtenir le marché du proche et du moyen Orient.
En quoi le KSW peut-il s’améliorer pour atteindre son objectif ? Au sein de la rédaction, on constate deux axes d’amélioration pour l’organisation polonaise.
Le premier point faible réside dans sa difficulté à avoir de vrais noms sur les cartes, à part Salahdine Parnasse. Il n’y a personne de combattant véritablement connu. Le second point faible se joue au niveau des accusations, souvent prouvées, de dopage chez les combattants, notamment polonais. Cela crée un contraste parfois trop important dans les performances entre les sportifs dopés et non dopés. Cette frustration peut ralentir les arrivées de jeunes talents qui souhaitent rester naturels. En résolvant ces deux problèmes, il y a fort à parier que le KSW pourra s’élever dans le top 3 mondial des meilleures organisations de MMA.
