Beaucoup plus connu qu’il y a 2 ou 3 ans, le One Championship est l’organisation de MMA numéro 1 en Asie et compte bien devancer l’UFC.
Challenger majeur de l’organisation américaine, elle apporte une identité distincte avec des combats multidisciplines et des confrontations ultra-spectaculaires. Avec plus de 300 % d’audience en seulement trois ans sur les réseaux sociaux, l’organisation asiatique serait-elle en phase de devenir leader dans son domaine ? C’est ce que nous allons découvrir dans notre article complet sur le One Championship.
Du One FC au One Championship : l’histoire d’une organisation phare

Chatri Sityodtong et Victor Cui ont tous les deux créé en juillet 2011 le One FC à Singapour. La vision initiale était de créer une plateforme pour le MMA, avec pour cible les combattants asiatiques, tout en célébrant les arts martiaux traditionnels. Il y avait une vraie valeur à ajouter les différents styles pour des événements spectaculaires qui rappellent les premiers combats de Vale Tudo (combats à mains nues avec très peu de règle au Brésil) et de Free Fight (ancêtre du MMA).
Le premier événement s’est passé en 2011, au mois de septembre, à Singapour, avec un combat champion versus champion. C’est en 2014 qu’un partenariat avec la société Temasek Holding a accéléré l’expansion du ONE. En 2015, le championnat ONE FC change son nom pour « One Championship ».
En 2018, l’entreprise prend son expansion au niveau international et ne se limite plus au marché asiatique. Elle scelle des partenariats stratégiques avec Facebook et un échange historique avec l’UFC.
L’entrée de Demetrious Johnson (un des plus grands combattants de tous les temps) met en lumière au niveau mondial ce champhionnat si prometteur. Il deviendra, encore aujourd’hui d’ailleurs, la figure de proue de l’organisation pour le MMA. Il faudra attendre 2023 pour que le 1ᵉʳ événement ait lieu aux États-Unis avec le One Fight. Aujourd’hui, le One Championship combine plusieurs sports de combat, avec en vedette le MMA et la Muay Thai. Il y a également des combats de Kickboxing et de Grappling. Bien que le Grappling tende peut-être à disparaître.
Format et surface de combat

Pour les combats de MMA, le One utilise principalement une cage circulaire traditionnelle.
Ce n’est pas comme le PFL ou l’UFC, qui ont des brevets sur leur cage. Selon les types de combats, que ce soit MMA, Muay Thai ou Kickboxing, l’arène change un peu. Il arrive que les combats de Muay Thai et de Kickboxing aient lieu dans des cages, mais en général, ce sont des rings. En 2018, le ONE Championship a testé quelques innovations avec le ONE Super Series en utilisant un ring à cinq cordes au lieu d’une cage circulaire pour ses combats. Les dimensions varient selon les lieux et les événements. Il faut savoir qu’une cage standard a 8 mètres de diamètres.
Règlement et système de combat
À l’instar d’autres grandes organisations de MMA, les combats sont généralement des événements qui comportent 3 rounds de 5 minutes. Et pour les championnats, ce sont 5 rounds de 5 minutes.
Le One Championship reprend donc les diverses techniques de tous les arts martiaux et sports de combat à l’appréciation du combattant.
Le système d’évaluation reprend le 10-Point Must System. Dans ce système, le gagnant du round gagne 10 points, tandis que le perdant du round a 9 points. Les juges ont tendance à privilégier les tentatives de finition et les frappes ou les contrôles, au même titre que l’agressivité et les projections puissantes. Les coups de pied à la tête pendant que la personne est au sol (soccer kicks) sont interdits pour assurer la sécurité des combattants.
Concernant l’équipement, les combattants ont des gants de MMA ouverts, 4 oz ; pour le kickboxing, c’est du 8 oz. Pour le muay thai, il peut y avoir des gants ouverts ou des gants fermés.
One Championship : les catégories et divisions
Le One FC comprend dix catégories de poids différentes pour les combattants allant du poids atomique au poids lourd. Une particularité notable et unique au monde, c’est que le One utilise des noms de catégories, bien sûr, similaires à l’UFC. Cependant, les limites de poids sont un peu plus élevées, car les pesées demandent des tests d’hydratation. Cela évite trop d’inégalités avec les cuttings intensifs. On peut le voir dans certaines organisations.
Les combattants peuvent faire des cuts en perdant 10, 15, parfois même 20 kilos. Ce qui, inévitablement, lui octroie un avantage à partir du moment où il va récupérer toute l’eau qu’il avait perdue avant la pesée. Cette règle « anti-coupe » a été instaurée après le décès du combattant chinois, Jiang Yang Bing, en 2015.
Le résultat final est que les athlètes arrivent au combat sans être fatigués et épuisés par des cuttings intensifs. Cette approche favorise une compétition plus équitable entre les athlètes avec des poids plus naturels et moins de déséquilibres.
| Limite en livres (lb) | Limite en kilogrammes (kg) | Genre | |
| Atomweight (atomique) | 115 lb | 52,2 kg | Féminin |
| Strawweight (paille) | 125 lb | 56,7 kg | Masculin / Féminin |
| Flyweight (mouche) | 135 lb | 61,2 kg | Masculin / Féminin |
| Bantamweight (coq) | 145 lb | 65,8 kg | Masculin / Féminin |
| Featherweight (plume) | 155 lb | 70,3 kg | Masculin |
| Lightweight (léger) | 170 lb | 77,1 kg | Masculin |
| Welterweight (welter) | 185 lb | 83,9 kg | Masculin |
| Middleweight (moyen) | 205 lb | 93,0 kg | Masculin |
| Light Heavyweight (mi-lourd) | 225 lb | 102,1 kg | Masculin |
| Heavyweight (lourd) | 265 lb | 120,2 kg | Masculin |
Système de championnat et tournois
Fidèles à sa vision multidisciplinaire, le One Championship propose de nombreux systèmes de championnats et tournois.
À propos du MMA, le One Championship Event représente l’évènement majeur. Ce sont les événements classiques numérotés, un système aussi éprouvé par l’UFC.
Il y a également le One Grand Prix, où c’est un tournoi par catégories, avec des récompenses, bien évidemment, pour les vainqueurs.
En 2018, il y a eu l’introduction du One Super Series, où il s’agira plus de mettre en avant le Muay Thai et le Kickboxing. En 2022, l’entreprise a réintroduit des super bonus qu’ils ont appelés le One Warrior Bonus, qui est de 50 000 dollars pour les performances exceptionnelles.
La rémunération des combattants pour les tournois et les championnats est sujette à débat. Il y a de fortes disparités entre les combattants débutants et les combattants de haut niveau, tout comme à l’UFC. Les combattants débutants commenceront avec des contrats de 1 500$ + 1 500$ en cas de victoire, tandis que les stars et les champions peuvent aller jusqu’à 750 000$ par combat. Ici, des combattants comme Adriano Morales ont révélé avoir eu des contrats de 100 000 dollars, plus 100 000 dollars de bonus de victoire.
En parallèle de tout cela, il y a le Road to One. Le but est de concurrencer le Dana White Contenders avec des événements qui permettront de découvrir de nouveaux talents lors de compétitions régionales et de tournois à élimination directe. À la clé, les combattants qui affichent les meilleures performances pourront obtenir un contrat lucratif avec le One Championship.
Les champions emblématiques du One Championship

Malgré sa récente visibilité sur le marché international, le One Championship n’a pas pu dévoiler au monde entier ses combattants les plus emblématiques. Seulement connu depuis quelques années, l’organisation de MMA n° 1 en Asie n’a pas encore développé assez de pépites. Comme d’autres organisations, on pense particulièrement à l’UFC ou au Bellator.
Toutefois, on retrouve quelques très grands noms qui permettent d’élever cette organisation de MMA au niveau mondial.
Parmi ces combattants, on retrouve :
– Demetrious Johnson (ancien champion UFC, champion poids mouche ONE, intronisé au Hall of Fame ONE), C’est certainement le nom le plus prestigieux au sein de l’organisation.
– Eddie Alvarez (ancien champion UFC et Bellator)
– Shinya Aoki (légende japonaise, ancien champion lightweight)
– Brandon Vera (ancien champion poids lourd)
– Bibiano Fernandes (ancien champion poids coq avec 7 défenses de titre consécutives)
– Angela Lee (ancienne championne atomweight, figure emblématique féminine)
– Adriano Moraes (ancien champion poids mouche)
– Eduard Folayang (vétéran philippin, ancien champion lightweight)
Le One Championship comporte quelques records notables, comme celui de Bibiano Fernandez, avec 8 défenses de titres cumulées en poids coq. Il y a aussi Xiong Jing Nan, qui a défendu 7 fois son titre en poids paille chez les femmes. Michael James Senior, avec un nombre de finitions plutôt spectaculaire (16), et Shinya Aoki, avec le plus grand nombre de soumissions (10).
Événements et modèles économiques
Le One Championship est longtemps resté focalisé sur le marché asiatique. Aujourd’hui, ce championnat tente une expansion au niveau mondial, notamment aux États-Unis et au Moyen-Orient.
Cette stratégie d’expansion lui assure une très bonne position en termes de diffusion. Le nombre de partenaires médias n’est pas explicitement mentionné à travers les chiffres et les informations que nous avons pu recueillir.
Toutefois, parmi ses partenaires média figurent Globo au Brésil, Sky Report au Royaume-Uni et en Irlande, DPG Media aux Pays-Bas, ou encore beIn Sport au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.
L’une des stratégies de communication et de marketing du One Championship est de diffuser certains événements entiers gratuitement sur des plateformes comme Facebook ou YouTube. Ce n’est pas rare de voir des combats de grosses affiches gratuitement et très rapidement. Le compte Instagram publie très régulièrement du contenu. Le fait que l’organisation soit multidisciplinaire lui permet de développer du contenu en très grande quantité, très régulièrement, pour un impact sur le public peut-être plus fort que d’autres organisations comme l’UFC ou le PFL.
Quel sera le futur du One ?
Le One Championship se positionne comme l’organisation de MMA n° 1 en Asie et cherche à s’imposer à l’échelle mondiale.
Quelles sont ses perspectives d’avenir ?
Tout d’abord, ses forces distinctives, comme l’ancrage dans les sports de combat et les traditions martiales asiatiques, lui offrent un rayonnement important. D’un côté, cela attire les puristes, et de l’autre, cela séduit le public avec des styles bien marqués.
Le côté multidisciplinaire permet d’atteindre un public plus conséquent face aux autres organisations qui sont « pure players » dans le MMA. En parallèle, le One Championship s’offre une légitimité probablement plus importante. Elle bénéficie d’une image plus propre concernant le combat contre le dopage, avec ses tests d’hydratation pour la sécurité des athlètes, bien sûr.
Son plus gros défi sera de concurrencer l’UFC. Et ça l’est dès aujourd’hui, d’ailleurs. Son avance sur le MMA mondial est très conséquente. C’est la raison pour laquelle le One Championship devra faire face à de nombreux obstacles, notamment au marketing, mais également, le plus gros, concernant les combattants. D’abord, le World Championship a besoin d’avoir de grands noms sur ses affiches. Et aussi, l’organisation doit se refaire une notoriété pour le traitement des combattants.
Certains journalistes et connaisseurs du monde du MMA, qui ont un pied dans le championnat, savent et affirment que l’organisation traite mal ces combattants et les considère un peu comme du bétail. Elle devra donc redorer son blason pour attirer de meilleurs combattants et de plus gros noms.
